
GUIDE PRATIQUE
Faut-il éviter les écrans avant 2 ans? Combien de temps d’écran pour un bébé? Peut-on utiliser une vidéo pour le calmer ou le faire manger?
Durant les deux premières années, l’enfant apprend surtout grâce aux interactions, au mouvement et à l’exploration concrète. Les écrans ne sont pas nécessaires à son développement et mieux vaut éviter d’en installer un usage régulier.
À cet âge, le plus important est de préserver les échanges, le jeu, le mouvement, les repas et le sommeil, et d’éviter que l’écran devienne nécessaire pour occuper ou calmer l’enfant.
À CONSULTER AUSSI:
Écrans: conseil pratiques généraux
↗ Repères scientifiques 0–2 ans
L’essentiel avant 2 ans
- Évitez d’installer un usage routinier: un bébé n’a pas besoin d’écran pour apprendre ou se développer.
- Préservez les interactions, le langage, le jeu, la manipulation et le mouvement.
- Protégez les repas et le coucher, deux moments où les habitudes s’installent facilement.
- Évitez autant que possible la télévision en arrière-plan et les interruptions répétées par le téléphone des adultes.
- Si vous utilisez ponctuellement un écran, privilégiez une séquence courte, simple et accompagnée.
- Ne dramatisez pas une exposition occasionnelle: ce sont surtout les habitudes répétées et ce qu’elles remplacent qui comptent.
Avant 2 ans, la priorité n’est pas d’apprendre à bien utiliser les écrans, mais de laisser toute leur place aux expériences essentielles au développement.
Faut-il introduire les écrans avant 2 ans?
Non: il n’y a aucune raison développementale d’introduire volontairement un écran avant 2 ans. Aucun apprentissage essentiel à cet âge ne nécessite une tablette, un téléphone ou une télévision.
Cela ne signifie pas qu’un appel vidéo avec les grands-parents ou quelques photos regardées ensemble soient dangereux. Un usage ponctuel et relationnel n’est pas équivalent à un rendez-vous quotidien devant un programme.
Avant 1 an, mieux vaut éviter les vidéos et programmes. Entre 1 et 2 ans, gardez les usages rares et accompagnés. À l’approche de 2 ans, choisissez éventuellement des contenus courts et simples, puis reparlez ensemble de ce qui a été vu.
Combien de temps d’écran pour un bébé?
Avant 2 ans, mieux vaut ne pas raisonner en quota quotidien à «consommer»: le principal repère reste d’éviter l’usage régulier.
À 2 ans, l’OMS fixe à une heure par jour le maximum de temps d’écran sédentaire et précise que moins est préférable. Une heure est donc un plafond, pas une recommandation ni un objectif quotidien.
Enfin, cinq minutes d’appel vidéo avec un proche et une longue période passée seul devant des vidéos ne sont pas équivalentes. La durée compte, mais regardez aussi ce que fait votre enfant et ce que l’écran remplace.
Un bébé peut-il apprendre avec un écran?
Oui, mais avant 2 ans, il apprend généralement beaucoup mieux dans l’interaction et l’expérience réelle. Il lui est notamment difficile de transférer dans le monde réel ce qu’il voit sur un écran.
Un adulte peut faciliter ce passage: nommer ce qui apparaît, montrer l’objet correspondant ou reprendre une action dans le jeu. L’accompagnement rend donc l’expérience plus riche, sans rendre l’écran nécessaire.
Face à un contenu dit «éducatif», posez-vous une question simple: qu’apporte-t-il que mon enfant ne pourrait pas apprendre aussi bien — ou mieux — en parlant, manipulant, jouant ou explorant?
Peut-on utiliser un écran pour calmer un bébé?
Ponctuellement, oui. Le problème apparaît surtout lorsque l’écran devient la réponse automatique aux pleurs, à l’attente ou à la frustration.
Un tout-petit développe progressivement sa capacité à se calmer avec l’aide de ses parents. Il apprend ainsi à attendre, retrouver son calme ou traverser une frustration. C’est ce qu’on appelle la co-régulation.
Un écran capte efficacement l’attention et peut parfois rendre service. Mais s’il devient nécessaire pour manger, attendre ou se calmer, l’enfant expérimente moins souvent d’autres stratégies d’apaisement.
Un écran peut calmer un enfant. L’important est qu’il ne devienne pas sa seule manière de retrouver son calme.
«Je lui donne mon téléphone pour pouvoir préparer le dîner»
Situation. «Sans une vidéo, mon fils de 18 mois s’accroche à moi et je ne peux rien préparer.»
Comprendre. Le téléphone répond ici à un vrai besoin: préparer le repas tout en gardant l’enfant en sécurité. Il s’agit surtout d’éviter que la vidéo devienne la seule solution ou se prolonge sans limite.
Essayer. Aménagez un espace sûr à proximité et gardez quelques activités pour ce moment. Vous pouvez aussi faire participer l’enfant à une tâche très simple. Si une vidéo reste parfois nécessaire, choisissez-la à l’avance et désactivez l’enchaînement automatique.
À éviter. Attendre que la tension soit maximale pour lancer un flux de vidéos, puis essayer d’en négocier la fin.
Quand s’inquiéter. Si les écrans occupent une grande partie du temps éveillé, remplacent de nombreuses interactions ou deviennent indispensables au quotidien.
Écran pendant les repas: est-ce vraiment un problème?
Une utilisation exceptionnelle n’a rien de dramatique. En revanche, mieux vaut éviter que manger devant un écran devienne une habitude nécessaire.
Le repas est aussi un moment d’échange et d’apprentissage. L’enfant découvre les aliments, participe progressivement et communique avec les autres. Un écran systématique réduit ces expériences.
Si l’habitude est déjà installée, ne bouleversez pas tous les repas du jour au lendemain. Commencez par un repas ou une partie du repas sans écran, puis augmentez progressivement la durée.
Pourquoi éviter les écrans avant le coucher?
Le sommeil mérite une protection particulière dès les premières années. Un écran peut retarder le coucher, maintenir l’éveil ou devenir une condition habituelle pour s’endormir.
Les HUG recommandent une période calme sans écran durant l’heure précédant le sommeil. Une routine répétitive — toilette, histoire, chanson, câlin — aide l’enfant à reconnaître les signaux du coucher.
Si votre enfant s’endort déjà avec un écran, vous pouvez procéder progressivement. Sortez d’abord l’écran de la chambre, raccourcissez son utilisation et intercalez une activité calme avant le sommeil.
Mon téléphone peut-il perturber les interactions avec mon bébé?
Oui, lorsqu’il interrompt très fréquemment les échanges. Lire un message ou prendre occasionnellement un appel n’est évidemment pas préoccupant.
Le jeune enfant apprend dans une succession de petits échanges: il regarde, vocalise ou montre quelque chose, puis l’adulte répond. Lorsque le téléphone capte continuellement l’attention du parent, ces interactions deviennent plus fragmentées.
Il ne s’agit donc pas de ranger son téléphone toute la journée. Préservez plutôt quelques moments de véritable disponibilité, notamment pendant le jeu, les repas ou le réconfort. Si vous devez consulter votre téléphone, vous pouvez simplement l’expliquer: «Je réponds au médecin, puis je le range.»
Que faire si l’écran est déjà devenu indispensable?
Ne cherchez pas à tout supprimer d’un coup. Commencez par repérer les situations où l’écran est devenu indispensable et la fonction qu’il remplit.
Procédez ensuite progressivement:
- Choisissez une situation: par exemple le repas, l’endormissement ou une attente.
- Identifiez la fonction de l’écran: calmer l’enfant, l’occuper ou permettre au parent de faire autre chose?
- Préparez une autre réponse au même besoin: présence, chanson, objet, histoire audio, mouvement ou participation à une activité.
- Réduisez de façon prévisible: une vidéo au lieu de deux, quelques minutes de moins ou une partie du repas sans écran.
- Acceptez une certaine protestation. Changer une habitude peut provoquer de la frustration sans signifier que l’enfant va mal.
Demandez conseil à un pédiatre ou à un professionnel de l’enfance si les écrans restent très difficiles à réduire. Faites-le aussi si vous avez des inquiétudes concernant le sommeil, l’alimentation, le langage, les interactions ou le développement de votre enfant.
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Accompagnement et ateliers
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Ressources complémentaires
Premiers repères
- Gestion des écrans chez les tout-petits — INSPQ – guide Mieux vivre (Québec). Des conseils très concrets sur l’exposition, les interactions, les routines et la place du parent.
- Bébés et enfants jusqu’à 3 ans — Jeunes et médias / OFAS (Suisse). Répond aux questions sur les premières expériences, les appels vidéo, le téléphone comme “baby-sitter” et le partage de photos.
- Les écrans et les enfants — Naître et grandir (Québec). Des repères simples sur ce que les petits comprennent, les conditions d’usage et les habitudes à protéger.
- Les écrans de 0 à 2 ans — DigiHarmo / REPER (Suisse). Bonnes pratiques et questions fréquentes.
- Les médias numériques pour les enfants de moins de six ans — Pro Juventute (Suisse). Des conseils réalistes pour choisir, accompagner et limiter sans dramatiser une exposition ponctuelle.
Interactions, sommeil et rôle de modèle
- Parents sur leur téléphone : quelles conséquences? — Pro Juventute (Suisse). Des pistes pour protéger la présence parentale sans exiger que le téléphone disparaisse de la vie familiale.
- Lisez, parlez, chantez — Société canadienne de pédiatrie. Des alternatives simples qui soutiennent les échanges, le langage et la relation dès la naissance.
- Le sommeil : aider son enfant à s’endormir — Naître et grandir (Québec). Des routines de coucher concrètes, incluant la place des écrans dans la journée et avant le sommeil.