Bien choisir son psy

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Illustration des différentes approches en psychologie (thérapies cognitivo-comportementales, psychodynamique, systémique, centrée sur la personne), représentant le choix d’un psychologue selon ses besoins.

Chercher un psychologue ou un thérapeute peut être déroutant. Entre les approches, les titres, les spécialisations et les avis divergents, il est parfois difficile de savoir quoi regarder… ou par où commencer.

Bonne nouvelle : choisir un psy n’a pas besoin d’être compliqué. Et surtout : la recherche montre que ce n’est pas l’approche en elle-même qui fait la plus grande différence, mais la qualité de la relation.

Voici un guide simple, clair et pragmatique pour vous aider à choisir sereinement.


Comprendre les différentes approches

Les thérapeutes et psychologues se basent souvent sur une ou plusieurs approches théoriques. En voici un aperçu simple.

Approches cognitives et comportementales

Objectif : changer des schémas de pensée et de comportement pour réduire la souffrance.
Comment : outils concrets, exercices pratiques, observation de soi, exposition graduée, restructuration cognitive.
Pour qui : anxiété, stress, dépression, phobies, estime de soi, régulation émotionnelle, compulsions, procrastination…

Les thérapies cognitives et comportementales sont très structurées et orientées vers l’action, mais peuvent également être profondément réflexives selon la formation du thérapeute.

Approches psychodynamiques

Objectif : comprendre les racines profondes de nos difficultés (histoire personnelle, conflits internes, relations d’attachement).
Comment : exploration du vécu émotionnel, répétitions relationnelles, prise de conscience de mécanismes inconscients.
Pour qui : schémas relationnels récurrents, conflits intérieurs, histoire familiale lourde, difficultés identitaires.

On parle souvent de psychanalyse, mais la psychodynamique moderne est beaucoup plus souple et conversationnelle.

Approche systémique

Objectif : comprendre les problèmes dans leur contexte relationnel : couple, famille, équipe, cercle social.
Comment : travail sur les interactions, les règles implicites, les rôles occupés dans un système.
Pour qui : conflits familiaux, parentalité, couple, adolescents, questions relationnelles complexes.

L’idée centrale : un problème n’est pas seulement individuel — il est souvent interactionnel, en lien avec d’autres personnes.

Approche centrée sur la personne (ACP)

Objectif : offrir un espace d’écoute profonde pour que la personne se développe de manière autonome.
Comment : empathie, authenticité, non-jugement.
Pour qui : difficultés existentielles, besoin d’un espace sécurisant, recherche de sens, identité, hypersensibilité.

L’ACP repose sur la conviction que chacun possède une tendance naturelle à la croissance lorsqu’il est accueilli sans jugement.


Faut-il vraiment choisir “la bonne approche” ?

Les études sont formelles, l’approche compte moins que ce qu’on pourrait imaginer. Ce qui prédit réellement la réussite… c’est l’alliance thérapeutique.

Le critère n°1 : l’alliance thérapeutique

L’alliance, c’est :

  • la confiance que vous ressentez,
  • le sentiment d’être compris,
  • la collaboration sur un objectif,
  • la sensation qu’on avance ensemble.

Comme le résument les méta-analyses, l’alliance explique 20 à 30 % du succès d’une thérapie (Flückiger et al., 2018; Norcross & Lambert, 2018).

La qualité de la relation thérapeutique est le facteur le plus puissant pour prédire l’amélioration — bien plus que la méthode.

Concrètement, vous pouvez voir la personne la plus diplômée du monde… si le lien ne “prend pas”, le travail n’avancera pas.

Le meilleur conseil pratique : rencontrer 2 ou 3 psy

Beaucoup de personnes se sentent obligées de “choisir le bon psy” sur la base d’un seul premier rendez-vous. C’est une erreur fréquente.

La bonne démarche : faites 1 séance avec deux ou trois praticiens. Vous ressentirez très vite :

  • avec qui vous êtes à l’aise,
  • qui vous écoute vraiment,
  • qui comprend votre manière de fonctionner,
  • qui vous laisse respirer,
  • avec qui vous vous sentez en sécurité.

Ce n’est pas une audition ; c’est une rencontre humaine. Votre ressenti est un outil scientifique: toutes les études montrent que les patients savent très tôt ce qui leur convient.

Vérifier quelques critères simples

Voici ce qui vaut la peine d’être examiné :

  • Le titre et la formation: En Suisse, un psychologue a un Master en psychologie (évitez les coach sans formation solide en psychologie).
  • L’expérience et le style : Cherchez quelqu’un qui explique clairement, sa manière de travailler, le cadre, les méthodes utilisées.
  • La sécurité émotionnelle: Vous devez sentir que vous pouvez tout aborder, sans gêne ni jugement.
  • La collaboration: Un bon psy ne “impose” pas : il propose, explore, ajuste, explique. Certaines personnes ont besoin d’un cadre plus structuré; d’autres, d’un espace plus libre. Cela doit être ajusté ensemble.

En résumé

Bien choisir son psy, c’est avant tout :

  • Comprendre les approches, sans en faire une obsession.
  • Chercher une relation dans laquelle on se sent compris, respecté et soutenu.
  • Prendre 1 séance avec 2-3 professionnels avant de décider.
  • Vérifier quelques critères simples : cadre, clarté, posture, formation.
  • Se faire confiance : le bon psy est celui avec qui ça fonctionne pour vous.

Pour en savoir plus sur ma pratique psychologique et le cadre que je propose, consultez ma charte de pratique

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