Alimentation et bien-être

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nourriture saine, fruits, légumes, graines, noix, poisson, etc.

L’alimentation ne nourrit pas seulement le corps : elle influence aussi directement notre énergie, notre équilibre émotionnel et même notre clarté d’esprit. Bien manger ne veut pas dire passer des heures en cuisine ou dépenser une fortune. Avec quelques repères simples, il est possible de choisir des aliments bons au goût, bons pour la santé et adaptés à son budget.

Les liens entre santé psychologique et alimentation

Si l’alimentation a d’abord une fonction physiologique, son impact sur la santé mentale est désormais bien documenté. Les effets ne sont certes pas aussi puissants que ceux du sommeil ou de l’activité physique, mais ils restent significatifs.

Au-delà des questions de poids, il est utile de souligner tous les bénéfices d’une alimentation équilibrée pour le bien-être global. De nombreuses études montrent que les aliments ultra-transformés (riches en sucre, sel et graisses saturées, pauvres en fibres) peuvent aggraver ou précipiter des troubles comme la dépression et l’anxiété. À l’inverse, une alimentation riche en produits frais, végétaux et peu transformés est associée à un meilleur équilibre émotionnel.

Ainsi, le régime alimentaire occidental, souvent riche en aliments industriels, est lié à un risque accru de dépression, tandis que le régime méditerranéen (fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes, huile d’olive, peu de viande et de sucre) montre des effets positifs à la fois sur la santé cardiovasculaire et sur la santé mentale. (Voir par ex. Owen & Corfe, 2017; Firth et al., 2020; Rambert, 2024)

Que manger pour bien vivre ?

Les repères essentiels tiennent en quelques lignes :

  • Éviter autant que possible les aliments ultra-transformés, le sucre, les graisses saturées et le sel.
  • Modérer la consommation de viande et de fromage.
  • Favoriser les céréales complètes, les légumineuses, les fruits, les légumes et les produits frais.
  • Limiter les excès caloriques : éviter de trop manger. En respectant les premiers points, celui-ci va presque de soi: on n’est rarement dans l’excès ou le grignotage avec des lentilles ou des carottes comme avec du saucisson ou des biscuits!

Attention aux régimes miracles

Les régimes drastiques, très restrictifs et centrés sur une perte de poids rapide sont inefficaces à long terme. Il est aujourd’hui bien démontré qu’ils entraînent souvent une reprise de poids et des frustrations inutiles (Markey, 2015).

Les régimes à la mode (cétogène, paléo, crudivore, “glucose révolution”, etc.) sont souvent une perte de temps, voire risqués pour la santé. La vraie difficulté n’est pas technique : il ne s’agit pas de trouver l’aliment miracle ou le bon ordre de prise des repas, mais de développer des habitudes durables.

Les vraies difficultés

Les principales difficultés sont souvent d’ordre psychologique et organisationnel.

  • Résister aux tentations constamment mises sous nos yeux par la publicité, les supermarchés et les restaurants.
  • Éviter de manger pour des raisons émotionnelles : ennui, stress, fatigue, frustration.
  • Trouver le temps de concevoir et de préparer ses repas dans un quotidien chargé.

Ces difficultés sont réelles, mais pas insurmontables. Pour les deux premières, un travail sur soi et une prise de distance vis-à-vis des automatismes peuvent aider. Pour la troisième, une meilleure organisation simplifie beaucoup la vie.

Choisir ses produits : équilibre et bon sens

  • Privilégier le frais et le brut : légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes, œufs, poisson, volaille. Ces aliments nourrissent le corps et le cerveau et maintiennent une énergie stable.
  • Limiter les produits transformés : plats préparés, snacks industriels, boissons sucrées. En excès, ils fatiguent l’organisme et dérèglent l’humeur.
  • Miser sur la variété : des couleurs dans l’assiette = diversité nutritionnelle et meilleure protection contre l’inflammation.
  • Allier plaisir et santé : un carré de chocolat noir ou un bon fromage en petite quantité — la qualité compte plus que la quantité.
  • Inclure les “alliés du cerveau” : noix, graines, huile d’olive, poissons gras. Ils soutiennent la mémoire, la régulation hormonale et l’équilibre émotionnel.

Astuce budget : acheter de saison, en vrac, et comparer les prix au kilo plutôt qu’à l’emballage.

S’organiser pour les courses

  • Préparer une liste : noter les repas ou ingrédients clés de la semaine.
  • Éviter les courses le ventre vide : cela limite les achats impulsifs.
  • Repérer les “basiques santé” : légumes surgelés nature, légumineuses en conserve, riz ou pâtes complètes, huile d’olive, fruits de saison.
  • Prévoir un ou deux produits plaisir : cela évite les craquages imprévus.
  • Anticiper les en-cas nourrissants : noix, amandes, fruits frais ou secs. Ils calment la faim, stabilisent la glycémie et soutiennent la concentration.

Simplifier les repas

  • Plus de cru, moins de préparation : salades composées, tartines complètes, crudités + protéines simples (œufs, fromage, poisson).
  • Préparer en avance : cuire une grande quantité de riz, quinoa ou légumes au four, puis les réutiliser.
  • Le trio gagnant : 1 portion de légumes + 1 féculent complet + 1 source de protéines. Un équilibre simple, qui favorise satiété et bonne humeur.
  • Favoriser les repas “assemblés” : inutile de suivre des recettes compliquées. Par exemple :
    • Houmous + pain complet + carottes crues
    • Salade de pois chiches + tomates + herbes + huile d’olive
    • Omelette + crudités + tranche de pain complet

Résultat : une alimentation plus simple, plus savoureuse, qui soutient la santé physique autant que le bien-être psychologique, sans surcharge de temps ni de budget.

Si vous avez des enfants

Manger sainement en famille peut rester simple et agréable. Quelques repères facilitent la vie et transmettent de bonnes habitudes.

  • Proposer, sans imposer : l’adulte choisit les aliments disponibles, l’enfant choisit ce qu’il mange. Cela réduit les conflits et encourage l’autonomie.
  • Simplifier les goûters : fruits frais, compotes sans sucre, pain complet + carré de chocolat noir, yaourt nature + quelques noix.
  • Varier les couleurs : inviter les enfants à “manger l’arc-en-ciel” rend les repas plus ludiques et équilibrés.
  • Inclure les enfants dans la préparation : laver une salade, mélanger une sauce, choisir un fruit.
  • Prévoir un “aliment refuge” : pâtes, riz, pain… pour éviter les repas de tension.
  • Éviter les boissons sucrées comme réflexe : l’eau reste la boisson par défaut.
  • Donner l’exemple : plus efficace qu’un long discours.

Si vous voulez maigrir

La perte de poids durable repose sur la lenteur et la régularité. Le cas échéant, viser une baisse modeste et stable tout en réduisant les ultra-transformés sans bannir le plaisir. On structure simplement (2–3 repas + 1 collation si besoin, végétaux et protéines à chaque repas, féculents complets, matières grasses mesurées), avec des portions calibrées à l’œil.

Côté mouvement: augmenter l’énergie dépensée au quotidien (marcher, prendre l’escalier) et faire  2–3 séances de sport modéré chaque semaine. On protège le sommeil et on désamorce le stress pour limiter grignotages et fringales.

On se suit sans se traquer (poids hebdo, tour de taille mensuel, carnet d’habitudes) en regardant la tendance, et l’on anticipe les écarts (invitations, vacances) pour revenir tranquillement au cadre sans culpabilité. (Pour en savoir plus, lire Desmurget, 2015)

En résumé

Une alimentation équilibrée n’a pas besoin d’être compliquée. La clé réside dans la simplicité : moins de produits transformés, plus d’aliments frais et de saison; on garde le plaisir, on privilégie les bons produits; moins de quantité, plus de qualité; moins d’achat impulsif et un peu plus d’organisation.

Manger devient alors moins une contrainte qu’un geste quotidien de soin pour soi (et pour sa famille) — où plaisir, santé et simplicité trouvent naturellement leur place.

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